A propos...

En 1992, le destin a voulu que je croise une délégation amérindienne dans le cadre de la Commission des droits de l'Homme à l'O.N.U. Depuis, ma vie est mêlée à celle des Amérindiens. J'ai séjourné aux USA dans les réserves, plusieurs fois six mois et depuis, j'y retourne chaque année, ayant été adoptée par une famille Ojibway du Wisconsin. J'ai vécu parmi eux ainsi qu'au Sud Dakota avec les Lakotas. Tous m'ont accompagnée sur le chemin qui m'a permis de découvrir et développer les dons qui m’habitaient.

En 2014, après avoir bénéficié des bienfaits d'une cérémonie ancestrale, un ami homme-médecine a chanté pour moi le chant que son arrière-grand-oncle Tashunke Witko chantait pour rappeler son cheval préféré. Depuis ce jour-là, les chevaux ont d'abord envahi mes rêves avant d’entrer dans ma vie. Lors d’une autre cérémonie, j'ai reçu la prière qui me permet de me connecter à l'Esprit du cheval et un chant de guérison m'a été transmis.

Lorsque je parle d'homme ou de femme médecine, je pèse mes mots. Il ne s'agit pas ici de "plastic shaman" comme aiment à les appeler mes amis amérindiens, mais bien d'hommes et de femmes détenteurs-rices de connaissances ancestrales, acquises après de nombreuses années d'apprentissage. Pour devenir guérisseur, il convient initialement de présenter certaines prédispositions afin d’assumer ces lourdes responsabilités, mais surtout de s'engager intégralement sur la voie choisie. Les connaissances ne s'acquièrent pas en un weekend ou en deux mois ; il s'agit d'un processus d'apprentissage complexe qui prend de nombreuses années, parfois toute une vie. Les hommes et femmes médecine authentiques n'ont pas pignon sur rue et ne se vantent d'aucun pouvoir. Souvent, ils vivent dans des endroits reculés, aux confins de leur réserve, loin de la route principale, au bout d'une piste caillouteuse défoncée ou au fin fond des bois. Sur leur porte, aucun panneau ne révèle leur identité. Pour prendre contact avec l’un d’entre eux, vous aurez dû préalablement gagner la confiance d’une personne de son entourage qui se portera garante et qui, si elle l’estime juste, vous présentera alors à lui. De telles rencontres ne s'improvisent pas.

Aujourd'hui les pseudo-chamanes sont légions. Ils parodient de manière grotesque des rituels sacrés et ancestraux. Pour citer Maurice Rebeix que j'approuve pleinement : "l'enflure de leur prétention n'a d'égale que l'étendue de leur ignorance.....ces usurpateurs sont privés de toute forme de reconnaissance parmi les Lakotas eux-mêmes....ils prétendent improviser chez eux de sordides et pathétiques caricatures de cérémonies, de pitoyables farces au cours desquelles l'imposture le dispute au ridicule. Ces pseudo-cérémonies, fondées sur la tromperie et le mensonge ne reçoivent l'aval d'aucune autorité traditionnelle, cela va de soi !  ........ pas dupes des intérêts très prosaïques qui sont en jeu derrière d'aussi grossières falsifications de leurs rites..... à la fois révulsés et saisis d'ennui devant l'inéluctable cupidité du monde de l'homme blanc, les Lakotas détournent le regard en se remémorant l'adage : In the absence of the Sacred....everything is for sale (en l'absence du Sacré....tout est à vendre)**." Ce que M. Rebeix dit en parlant des Lakotas peut s'appliquer à toutes les Nations amérindiennes. Pour ma part, je qualifie cela de cham-âneries. Réfléchissez bien la prochaine fois que vous rencontrez quelqu'un qui se dit "chamane"...**(Rêveurs-de Tonnerre, Maurice Rebeix, éd. Albin Michel, 2002)

 

Article intéressant qui est dans la ligne de ce qui précède :   Le malentendu néo-chamanique

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